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C'est au travers des cours de gnomonique ( la science des cadrans solaires) de M.Roth, dispensés à
l'Université Populaire, que Maurice Kieffer a commencé il y au
une dizaine d'années à s'intéresser aux cadrans solaires.
Ces cours, qui consistaient surtout en des
calculs et de la construction, l'ont vite amené à se lancer dans des recherches plus approfondies sur la question. Un hobby partagé depuis
lors par son épouse. Difficile, en effet, de ne pas être impressionné
par cette technique développée par nos ancêtres...
L'histoire des cadrans solaires est fort ancienne. Ces
horloges archaïques étaient très nombreuses, disposées un peu
partout et surtout sur les églises : « Les cadrans solaires
servaient à indiquer aux fidèles l'heure de la messe », explique Mme Kieffer.
De même, à l'intérieur de ces églises se trouvaient des méridiennes,
qui permettaient d'indiquer la variation de l'heure sur le cadran
solaire par rapport à l'heure réelle. C'est seulement au XVIII° siècle
que la technique de l'inclinaison
nord/sud a été découverte en Occident, permettant enfin aux cadrans
solaires d'indiquer l'heure exacte. Cette notion étant toute relative,
puisque, comme le souligne Maurice Kieffer, « jusqu'en 1891, les cadrans solaires indiquaient l'heure du lieu où
ils se trouvaient. Après,
avec l'invention du train, il a fallu uniformiser les horaires, et
prendre comme référence une heure moyenne ». Et alors, les horloges ont peu à peu
pris le pas sur les cadrans, qui ne connaîtront
leur renaissance qu'avec le XX° siècle.
Un hobby très prenant
Mais
avec des passionnés comme les Kieffer, le cadran solaire n'est pas prêt
de tomber dans l'oubli. L'intérêt de Maurice Kieffer pour cette
discipline tient aussi à sa pluralité. En effet, cet ancien
dessinateur industriel y retrouve le dessin, mais a aussi à faire avec
« l'astronomie,
la trigonométrie, l'informatique ; et puis il faut aussi
être un peu artiste, historien, et... bricoleur ! Alors
depuis que je suis en préretraite, je n'ai plus le temps
! », constate-t-il.
Et bricoleur de talent, il l'est: artiste dans l'âme, il a réalisé
plusieurs magnifiques cadrans solaires, dont l'un aux couleurs de l'arc-en-ciel,
peint sur l'un des murs de sa maison, à Steinbach.
M. Kieffer n'en continue pas moins de s'intéresser à la théorie
gnomonique: il fait partie de deux associations, la SAF (Société
Astronomique de France] et la Dasypodius (association alsacienne qui a
pris le nom du constructeur de l'horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg).
Maurice Kieffer, souvent accompagné de son épouse, a
ramené de ses voyages à travers
la France entière une collection impressionnante de photos des cadrans
solaires. Et l'on découvre que d'objet utilitaire,
le cadran solaire a su se muer en
objet d'art; en effet, en dehors
des cadrans solaires classiques, on en trouve de toutes les
formes, et notamment en « balancier »
Un
projet d'inventaire sur la région
Les
cadrans solaires sont nombreux en Alsace avec quelque 600
exemplaires sur les deux départements. Mais ce sont des œuvres
d'art fragiles : « Un coup de peinture,
et le
cadran sur
un mur
disparaît. C'est malheureusement
fréquent», déplore Maurice Kieffer
qui a un vaste projet d'inventaire,
canton par canton, des cadrans solaires
d'Alsace. Dès que vous apercevez
un cadran solaire, n'hésitez pas
à le contacter!
Des feuilles
de renseignements
très précises sont déjà
prêtes. Si la SAF dispose
d'une banque de données sur les
différents cadrans solaires existant
en France, et qu'un livre a déjà
été publié sur ce
sujet concernant l'Alsace,
l'inventaire n'est jamais
terminé ;
et sans
doute bien des trésors se cachent-
ils encore au-dessus de nos têtes !
Maurice Kieffer est bien déterminé
à compléter
cet inventaire, et
à aller jusqu'au bout
de sa
passion.

JULIE
SCHITTLY
Article : Alsace / 11.12.2001
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