Messe d'action de grâce.

 

 

Accueil: « Je suis plein de reconnaissance pour celui qui me donne la force, Jésus Christ notre Seigneur, car il m'a fait confiance en me chargeant du ministère… » écrivait dimanche dernier l’apôtre Paul. Aujourd’hui je fais miennes ces paroles de l’apôtre. C’est avec joie et reconnaissance mais aussi avec émotion en vous voyant si nombreux ce matin réunis dans notre église que je célèbrerai cette dernière eucharistie de mon mandat de curé, dans ma responsabilité de curé.

Le 6 juillet 1984, j’ai été nommé curé de Steinbach par Mgr Elchinger. Depuis 23 ans donc, je partage vos joies et vos peines. Avec les 3 ans de ministère à Cernay, cela fait 26 ans de présence dans le doyenné. Pendant 46 ans, dans  les différentes paroisses où j’ai exercé mon ministère, j’ai essayé de susciter dans le cœur des jeunes et  des adultes l’amour de Dieu et l’amour du prochain. A la veille de prendre ma retraite, je voudrai avec vous tous et toutes rendre grâce, remercier le Seigneur qui m’a toujours soutenu dans ma mission. Je me souviens de toutes les prévenances de Dieu à mon égard. Je voudrai  lui dire merci pour le grand nombre de collaborateurs laïcs qu’il a mis sur mon chemin. Sans eux, je n’aurai pas pu faire Eglise. - Ce n’est donc pas une messe d’adieu que nous allons célébrer, mais une eucharistie d’action de grâce. Si je ne suis pas insensible à l’honneur que vous portez à ma pauvre personne, j’aimerais qu’en premier lieu nous célébrions Jésus qui nous réunit pour nourrir, fortifier notre amitié envers lui et notre amitié entre nous. Dans la joie entrons donc dans la prière.

 

Homélie:         
                  
 Je voudrais conjuguer mon homélie en 3 points : 1. Merci. 2. Pardon. 3. S’il vous plaît.
En ce jour, le merci donne tout son sens à cette fête. Dans sa lettre à Timothée, Paul  insiste pour qu’on fasse des prières d’action de grâce…Eh bien, comme je l’ai annoncé dans mon mot d’accueil, la note essentielle de
mon homélie se portera sur l’action de grâce, le merci à Dieu, le merci à vous.
Le Président du Conseil de Fabrique vient de vous énumérer tous nos motifs d’action de grâce, et mes raisons de louer Dieu en y incluant tous les moments de grâce de ma vie de prêtre depuis 46 ans. Au milieu de vous j’étais heureux, je suis heureux : freuden-reich ! Pour votre foi, votre collaboration, votre générosité, votre vitalité, votre amitié à vous tous, je rends grâce au Seigneur. Vraiment ses bontés sont inépuisables. Permettez-moi d’ajouter encore les moments de fraternité vécue avec mes confrères-curés du doyenné.
Retenons bien que l’Église de Jésus Christ c’est des chrétiens qui acceptent de se former et prennent en mains la vie de la communauté chrétienne. Et là je profite pour dire qu’il est important de trouver 2-3 sacristains pour les dimanches, les enterrements …
Réunis autour de l’autel, nous sommes Tous célébrants ! Chacun présente au Seigneur sa vie personnelle et, aujourd’hui particulièrement, la vie de notre communauté paroissiale passée ensemble depuis 23 ans. Enfants, vous n’êtes pas là pour faire joli avec vos banderoles et vos lumignons, vous célébrez, louez, chantez, remerciez Jésus pour ce qu’il nous a donné de vivre ensemble et avec vos catéchistes. Merci à Dieu ! Merci aussi à vous tous pour tout ce que vous m’avez appris. Quelqu’un disait un jour, devant moi et en parlant de moi : il a changé depuis son arrivée ! Eh bien tant mieux pour vous…et pour moi !

Comme dans toute vie, il y eut dans la mienne des négligences, peut-être de l’indifférence, des faiblesses. J’en demande pardon à Dieu. Je demande aussi pardon à quiconque aura pu être offensé par mon attitude, une parole.

Me voilà arrivé à un tournant de ma vie. On parle de prendre la retraite.
Mais ce mot n’est pas juste puisque je ne me retire pas. Je préfère dire que j’entre en disponibilité. En effet, je rendrai service si on me sollicite et tant que la santé me le permettra, dans la mesure de mes moyens. Je ne serai plus votre curé, mais je reste prêtre parmi vous et pour vous.
Dorénavant vous m’appellerez M. l’abbé, ou Père, ou plus simplement par mon nom de baptême ‘Jean-Paul’.
Durant tout mon ministère à Guebwiller, Biesheim, Cernay et au milieu de vous, j’ai essayé de ‘servir’ Dieu qui s’est fait homme en Jésus Christ en étant au service des chrétiens que les évêques m’avaient confiés. Mon grand désir était de mettre en relation avec Jésus Christ qui a été et reste pour moi l’Ami fidèle. Vivre comme lui et avec lui, c’est être ses disciples. Cela suppose que l’on fréquente Jésus dans les évangiles et que l’on communie au pain de vie, sinon on risque de perdre sa mémoire. A mon avis, le dicton « loin des yeux, loin du cœur » s’applique aussi à nos liens avec Jésus. À ce sujet j’aimerais partager avec vous une conviction qui m’anime.
Dans les familles où Jésus a sa place, les enfants s’éveillent à la foi, et cette ambiance religieuse portera ses fruits, nos communautés paroissiales retrouveront les prêtres nécessaires et des baptisés s’engageront avec un cœur généreux. L’Eglise de Jésus ne sombrera pas comme un bateau sur une mer déchaînée. « N’ayez pas peur, je suis ave vous, tous les jours » disait Jésus à ses disciples, et aujourd’hui à nous !
A une époque où les jeunes hésitent beaucoup à s’engager, à croire même qu’un engagement pour la vie soit possible, il est bon d’avoir ainsi une réponse visible et positive. Dans le mariage comme dans la vie religieuse ou le sacerdoce, il faut davantage compter sur la grâce de Dieu que sur ses propres forces. C’est pour moi encore un motif d’action de grâce !

Je continuerai à dire à Dieu : s’il te plaît. Oui, Seigneur, s’il te plaît, accorde-moi, accorde-nous d’être des membres actifs de ton Eglise, donne-nous de travailler encore à la construction d’un monde de fraternité, de justice et de paix.

A vous, chers amis, je dirai, s’il vous plaît, œuvrez avec le nouveau curé, Jean-Marie Renoux dont la tâche est grande. Ne le laissez pas seul.
Qui n’aspire pas à un monde meilleur ? Eh bien, pour le construire ce monde, il n’y a qu’une seule et unique solution : fréquenter Jésus. Cela n’est pas toujours facile car nous sommes confrontés d’une part à l’argent trompeur régi par les lois du monde et d’autre part à l’enseignement de Jésus. Les idées du monde proposent souvent un chemin large qui conduit à un bonheur passager, souvent fallacieux, parfois mortifère. Les idées de Jésus, elles, conduisent au vrai bonheur en passant parfois par un chemin étroit, mais dit encore le dicton latin : « ad astra per aspera » c.à.d. pour  grandir, mûrir, monter plus haut il faut accepter, assumer les rugosités, les difficultés de la vie.
Frères et sœurs, chers amis, plaçons Jésus au centre de notre vie. Il veut que tous les hommes soient sauvés et arrivent à connaître la vérité.
En permutant ses termes, je termine par cet autre dicton: vivons en sorte que notre ami, Jésus, devienne l’ami de nos amis.
C’est le plus beau cadeau que nous puissions nous faire réciproquement. S’il vous plaît.

 

 

P.U.:    Comme nous y invite aujourd’hui l’apôtre Paul, adressons maintenant au Père notre action de grâce pour les prêtres, ministres de la prière et de l’Eucharistie pour tous les hommes auprès de Jésus, le Christ, « seul médiateur entre Dieu et les hommes ».

 

Refr: Le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son Nom.

 

     ­ Enfant : 
    
­ Jeune :  

     ­ Adulte : Béni sois-tu, Seigneur, pour notre prêtre
qui a accueilli en sa vie le don du ministère sacerdotal
et s’est dévoué pendant 23 années au service de notre paroisse,
nous annonçant à tous, enfants, jeunes et adultes,
l’Amour de Dieu par l’Evangile,
en apportant réconfort et encouragement à nos malades.
Béni sois-tu de lui accorder, dans sa retraite bien méritée,
de nous accompagner encore de longues et belles années.

    ­ Prêtre : Béni sois-tu, Seigneur,
                     car tu donnes l’Esprit Saint aux responsables de ton Eglise 
                     pour en faire des guides audacieux de ton peuple.                   
                     Pour ceux qui cherchent à trouver la ou les solution(s) pour
                     remédier à la pénurie de prêtres 
                     et pour les jeunes et les adultes qui répondent favorablement
                     à l’appel de Jésus pour le servir comme prêtre.
                     Béni sois-tu, Seigneur !

                  Père, puisque ton Fils fait monter notre prière jusqu’à toi, exauce-nous aujourd’hui et toujours. Amen.


   Préface :    Vraiment, Seigneur, c’est si bon de te rendre grâce
                      à l’occasion des 23 ans de mon ministère dans cette paroisse.
                      Aujourd’hui nous voulons te dire notre reconnaissance.
                      Béni sois-tu pour les bienfaits dont tu nous as comblés.
                      Béni sois-tu pour la prière qui nous a réunis,
                      Béni sois-tu pour l’amitié qui nous lie les uns aux autres,
                      pour l’approfondissement de notre foi qui nous fortifie,
                      pour les engagements pris au service de la paroisse,
                      pour les moments de convivialité et de joie.   
                      Béni sois-tu parce que, grâce à toi,
                      nous pouvons partager nos difficultés et nos joies.
                      A cause de tout cela, Dieu notre Père,
                     avec ceux qui croient en toi,
                     avec tout le peuple qui fait l’Eglise,
                     peuple qui attend, peuple qui désire, peuple qui aime,
                     Dieu de Jésus Christ, nous te chanton
s :…

 

Remerciements : Arrivé à la fin de cet office, je voudrais vous exprimer mes remerciements et ma reconnaissance pour votre présence et votre prière ; je les adresse à chacune, à chacun, à tous, aux corps constitués, aux Pompiers, à l’Harmonie, à la Chorale. Merci à vous tous qui d’une façon ou d’une autre animez la vie paroissiale. Je ne peux vous nommer tous. Qu’il me soit permis de citer nommément M Gilbert Zimmermann, Président honoraire du Conseil de Fabrique et M Angelo D’Agostin le Président en exercice. Leur dévouement pour la paroisse est réel. Merci à vous les enfants et les jeunes : vous le savez bien, vous êtes mon « soleil du dimanche » si je vous vois à la messe. Merci pour les témoignages qui me sont allés droits au cœur. Merci aux personnes qui m’ont envoyé des fleurs. Cette sympathie, cette amitié, les ai-je vraiment méritées ? Je n’ai fait que mon devoir ; tout l’honneur revient à Jésus qui m’a toujours soutenu ; mais, il est vrai, elles sont un encouragement à rester à votre service au-delà du temps fixé par la nomination.
Je termine ces moments de gratitude en exprimant ma reconnaissance à Mlle Marguerite qui m’accompagne depuis 36 ans. Quand on a une santé un peu fragile, on est heureux de n’être pas seul. Si vous me voyez svelte comme un jeune homme, c’est à elle que je le dois, car elle suit scrupuleusement notre régime. Vous la retrouverez donc avec moi dans la « coquette » qui vous sera ouverte.
Article de presse                            Steinbach: Le curé Jean-Paul Freudenreich prend sa retraite

À 74 ans, et fort de quarante-six ans de prêtrise, le curé de Steinbach, Jean-Paul Freudenreich prend sa retraite. Il célébrera une messe d'action de grâce dimanche 23 septembre 2007, à 10 h, à l’église de Steinbach. La communauté est invitée à lui rendre un dernier hommage. « Après vingt-trois ans de présence à Steinbach et quarante-six ans de prêtrise, me voici arrivé au terme de ma vie active », indique Jean-Paul Freudenreich.

Ordonné prêtre en 1961.
Originaire de Pfaffenheim, d’une famille de paysans viticulteurs, il a répondu à son curé, à l’âge de sept ans, qu’il voudrait devenir prêtre. À la fin de la guerre, ce dernier l’a relancé et c’est ainsi que Jean-Paul Freudenreich est entré à Zillisheim.
Il a fait son service militaire de mai 1956 à ocobre 1958 , dont treize mois en Algérie.Ordonné le 29 juin 1961 à Strasbourg, il sera vicaire pendant dix ans à la Paroisse Notre-Dame de  Guebwiller, s’occupera de la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), des « Âmes vaillantes », des Guides, des Jeannettes. Il sera aussi curé de Biesheim et de Cernay. Mais un problème cardiaque, en 1984, va l’obliger à quitter cette grande paroisse pour Steinbach où il officiera pendant vingt-trois ans.
Dans ce village, il fera 284 baptêmes, 81 mariages, 195 enterrements et de nombreuses fêtes et repas paroissiaux. On lui doit la mobilisation et l’impulsion pour la rénovation de l’église, celle des calvaires. Il s’est fait remarquer pour ses visites aux paroissiens, cette proximité d’écoute et de partage, la mise en place d’un site informatique paroissial hors pair et tout cet élan pour « amener les gens à fréquenter Jésus en église, à travers l’eucharistie ». Le curé aime ainsi à dire : « Chaque fois que j’ouvre une page de la Bible, que je pousse la porte d’une église, que je célèbre l’eucharistie, je fais un pas vers Dieu et, par conséquent, un pas vers mon prochain pour l’aimer davantage ».
Il restera résidant à Steinbach, avec mademoiselle Marguerite, son aide depuis trente-cinq ans, au 37, rue de Cernay. « Ce n’est pas un au revoir », précise-t-il « Je reste au milieu de vous comme prêtre et je continuerai à partager vos joies et vos peines. Simplement, je serai déchargé de mes responsabilités pastorales ».
Jean-Marie Renoux sera le nouveau curé de la communauté de paroisses de Cernay, Steinbach, Uffholtz, Wattwiller et Saint André. « L’Alsace » souhaite un repos mérité à un homme intègre, détestant l’hypocrisie et dont la dimension spirituelle et humaine laissera une trace à Steinbach.
                                                                                                                 Sonia Vuillequez