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L'église de Steinbach Fin décembre 1914 et en janvier 1915, la lutte fut âpre à Steinbach. Dans les rues, au cimetière, dans les. maisons se déroulèrent maints épisodes de guerre, à jamais gravés dans la mémoire des survivants. Le 152° régiment d'infanterie de ligne se couvrit de gloire à Steinbach, et le nom de ce village, ignoré jusqu'alors, figura avec honneur dans plus d'un communiqué de guerre. Hélas, il n'y a point de victoire sans sacrifices, sacrifices de toutes sortes d'ailleurs. Lorsqu'on 1919, il nous fut donné de retourner à Steinbach, nous n'y vîmes que la désolation et l'abomination. ; le cimetière éventré, les restes de l'église dans un état chaotique, pas une maison debout, et vainement nous cherchâmes, en un coin du cimetière pourtant bien connu de nous, la tombe d'une grand'mère chérie, morte, prématurément. La guerre avait passé, il ne restait plus dit vieux Steinbach qu'un amas de décombres. Nous nous enquîmes du moins sur les vestiges du passé. Avec douleur nous apprîmes que toutes les archives, y compris les registres de catholicité, avaient été victimes de la guerre. Avec un acharnement tout alsacien, nous nous mîmes dès lors à rassembler ça et là les matériaux sauvés de la destruction, afin de pouvoir reconstituer, dans la mesure du possible, l'histoire de la localité qui ne fit qu'un, avec Cernay durant bien des siècles. Ce qui a disparu, nous le savons, car au milieu du xix° siècle seulement Steinbach constitua ses archives, et nous en avons copié l'inventaire. Nous nous proposons de mener de front l'histoire de Cernay et celle de Steinbach, avec une impartialité qui n'a du reste aucunmérite, puisque, Cernéen de naissance, nous descendons aussi de Steinbachois. II n'y a d'ailleurs ni antinomie, ni antipathie entre les cigognes de Cernay et les coucous de Steinbach. On s'entend à merveille à présent. Nous voudrions, puisqu'aussi bien après Cernay Steinbach va avoir son église, commencer notre petite histoire de Steinbach par un aperçu .sur l'église de Steinbach. On ne fait rien, dit-on avec raison, si l'on ne s'appuie pas sur des documents. En voici un, qui est inédit. Il est rédigé en allemand, date de 1525, l'année même de la guerre des paysans. Donc, le 20 avril 1525, Gangolf Eberhardt, maire de Steinbach, Thiébaud Vobstarth, Jean Teirch efc Jean Tschirhart, jurés, Jean Latsch et Jean Stroehlin, .bourgeois de la localité, font. assavoir que Christophe, évêque de Bâle, a accordé ce qui sult : « Dans la chapelle édifiée à Steinbach il y aura désormais un prêtre administrant les sacrements. Encore que l'église paroissiale de Cernay reste l'église-mère, le desservant de Steinbach pourra désormais baptiser, enterrer, etc. à Steinbach même. « Mais ceci aux conditions suivantes : La chapelle de Steinbach restera une filiale de Cernay. A cet effet, c'est à l'église de Cernay que les gens de Steinbach devront faire leurs Pâques. Les dîmes et corvées seront perçues par le curé de Cernay, qui fera le nécessaire pour que Steinbach soit bien administré au point de vue spirituel. » Par ailleurs, les gens de Steinbach possédant près de leur chapelle un emplacement pouvant servir de cimetière, emplacement qu'ils offrent pour servir de sépulture, un cimetière spécial sera constitué par Steinbach, autour de la chapelle même. Enfin, les portes de la ville de Cernay étant fermées de nuit, et les gens de Steinbach pouvant avoir besoin de secours spirituel la nuit, il est décidé qu'il y aura désormais un desservant à Steinbach même à condition que les habitants lui fournissent de quoi subsister, et que ledit desservant vienne en aide, en cas de besoin au clergé de Cernay. Toutefois, comme auparavant la chapelle de Steinbach dépendait du prieuré de Saint-Morand (de l'ordre de Cluny), prés d'Altkirch l'évêque de Bâle s'est entendu avec Saint-Morand : sur l'autel de St Mathias, dans la dite chapelle, on fournirait quelque rente à St-Morand. Cette charte constitutive de l'église de Steinbach étant un document essentiel, nous croyons devoir le donner dans son texte original, en allemand. Ce document du XVI°siècle montrera par le fait à nos lecteurs que le fond de l'idiome est resté 1e même, et à ce point de vue également il méritait, pensons-nous, être publié. Nous le ferons suivre de tout ce que nous avons pu trouver sur l'église de Steinbach. C. Oberreiner. (A suivre.) Note: cet article de journal nous est parvenu
sans la suite. |