Une paroisse rénove son église
Ce texte est tiré de la brochure éditée en 2001


Le mot du curé


Notre église placée sous le patronage de saint Morand fait partie
du patrimoine historique et religieux du village de Steinbach.

Elle est le témoin visible d'une communauté chrétienne. Son
clocher pointe vers le ciel pour nous rappeler où se trouve l'essentiel.

Pour les chrétiens, elle est un lieu privilégié de rencontre avec Dieu
par le Christ qui convoque ses frères dans l'appel de l'unique Esprit. Elle
est le lieu de rassemblement où l'on partage dans la foi, l'espérance et
la charité. Elle est le témoin et le cadre de toutes les fêtes et démarches
de foi célébrées par les croyants tout au long de leur vie jusqu'au jour de
leur rencontre définitive avec le Père.

Elle n'est pas classée parmi les monuments dits "historiques", son
histoire n'est pas quelconque pour autant, comme vous le constaterez en
parcourant cette brochure. Mais cela explique que les subventions
obtenues pour sa restauration ne sont pas énormes.

Voilà pourquoi, nous comptons sur les dons de tous.

Habitant de Steinbach, visiteur d'un jour et toi, l'ami inconnu, que
l'entrée dans cette église - bijou de simplicité - te procure la paix
intérieure, l'amitié avec Dieu et le désir de Le servir auprès de tes frères.

Je remercie toutes les entreprises qui ont contribué à la restauration
de l'église et de l'orgue, tous ceux qui y ont participé et participeront par
leurs dons, le Conseil Général et la Commune pour leur aide financière,
le Conseil de Fabrique pour son inlassable dévouement.

Jean-Paul FREUDENREICH
Prêtre
 

Le mot maire

L'église fait partie des éléments indissociables de notre patrimoine
communal et en tant que tel mérite toute notre attention quelles que
soient les convictions religieuses des uns et des autres. Aussi, je ne peux
que féliciter la présente initiative d'éditer une brochure relatant la
succession des événements heureux et malheureux qui ont affecté nos différentes églises.

Il est très intéressant de se souvenir tant des origines de Steinbach
remontant au "Prieuré du Birling" que des grandes épreuves du siècle passé.

Dans toutes ces circonstances, je relève que les efforts conjugués de
la Commune et de la Paroisse sont toujours venus à bout des situations les plus difficiles.

Comme pour tout bien immobilier, le poids des ans a altéré l'église
et, malgré un entretien régulier, un programme de rénovation plus
conséquent a été nécessaire.

Sous l'égide de mon prédécesseur, Alain Blosenhauer, la Commune
a entrepris en 1996 la rénovation complète du clocher, de l'horloge, de
l'ensemble de la toiture, de la zinguerie, des enduits extérieurs et la
protection des vitraux de notre église pour un montant de plus de 2,5 millions de francs.

A présent le conseil de Fabrique, auquel incombe toute la partie
intérieure, poursuit cette tâche de réhabilitation par un important
programme de réparations, d'améliorations et de modernisation.

Je ne peux que louer cette démarche qui maintient et embellit le
patrimoine de notre village et vous encourager à soutenir l'action
entreprise par une équipe de bénévoles motivés.

Que notre église rénovée reste un lieu privilégié de rassemblement
des habitants de Steinbach.

Pierre HANSS
Maire de Steinbach

 

La "PAROISSE" a existé bien avant la "COMMUNE"



Steinbach se trouve mentionné dès 1187 dans une charte confirmant la présence d'un cellier et de vignes , cités parmi les biens possédés par l'abbaye de Lucelle, fondée en 1124, dans le comté de Ferrette.

Steinbach formait une seule commune avec la petite ville de  Cernay, nommée en 1144 dans la charte de fondation du monastère de Feldbach, autre possession du comté de Ferrette.

A partir de 1271 Cernay est citée comme oppidum (ou ville fortifiée), alors que Steinbach n'était encore qu'un hameau.

Le cellier ou cellarium de Steinbach se développa progressivement pour devenir une cour (ou curia), appelée dès 1295 cour de Birlingen (ou Burdigen). Cette cour était située entre Steinbach et Cernay.

Les couvents de Murbach, St-Ulrich de Hirsingue, St-Léonard de Bâle, St-Morand d'Altkirch ainsi que l'abbaye de Remiremont et l'Ordre Teutonique de Mulhouse étaient tous possessionnés à Steinbach.

Steinbach partagea les destinées de Cernay, faisant partie, à l'origine, de la prévôté de Cernay sur les terres des Comtes deFerrette, qui furent incontestablement, jusqu'en 1324, date de leur extinction, les plus grands propriétaires à Steinbach et à Cernay. Dès 1271, les Ferrette possédaient une cour seigneuriale à Cernay. De cette cour colongère dépendaient de nombreuses vignes situées à Steinbach et à Cernay. Dès 1259, les Princes de Habsbourg détenaient une partie des droits de juridiction concernant les deux localités.

Lorsque Jeanne de Ferrette, fille aînée d'Ulrich de Ferrette épousa Albert de Habsbourg, Duc d'Autriche, en 1324, les Habsbourg acquirent la seigneurie territoriale de Cernay. Les biens fonds que les Ferrette possédaient à Cernay et à Steinbach passèrent à la maison d'Autriche.

D'autres dignitaires ecclésiastiques, à savoir l'évêque de Bâle et l'Abbé de Murbach se partageaient les dîmes (dixième partie des produits de la terre et de l'élevage versée à l'Église), et cela dès 1294 pour l'abbaye de Murbach, et à partir de 1333 pour l'évêché de Bâle. L'évêque de Bâle resta seul décimateur des bans de Steinbach et Cernay. D'après le règlement municipal de 1552, Steinbach était représenté au sein du magistrat (Conseil municipal) de Cernay par trois membres élus.

Un chapelain de Steinbach est mentionné en 1297. La chapelle à laquelle il était attaché fut placée sous le vocable de St-Mathias, et plus tard sous celui de St-Morand, moine de Cluny, envoyé vers 1100 à Altkirch pour fonder un prieuré bénédictin.

En 1583, le pape Grégoire XIII accorda un induit à la communauté de Steinbach, pour se séparer de Cernay et se constituer en paroisse. Le magistrat de Cernay s'opposa à cette séparation ; l'évêque de Bâle, Christophe d'Utenheim, intervint et décida :

1. que les habitants de Steinbach continueront à regarder
l'église de Cernay comme leur église-mère ;

2. qu'en conséquence ils feront leurs Pâques à Cernay ;

3. que les offrandes portées à l'autel de Steinbach aux grandes
fêtes de l'année seront remises à Cernay ;

4. que le curé de Cernay célèbrera les messes anniversaires des
personnes décédées à Steinbach ;

5. que ceux de Steinbach auront dans leur chapelle le
St Sacrement et les fonts baptismaux ; qu'ils auront aussi un cimetière ;

6. que le prévôt de St Morand d'Altkirch restera collateur du
bénéfice fondé en l'autel de saint Mathias, à la chapelle de Steinbach.


En conséquence de cette sorte de séparation des deux communes, quant au spirituel, on dressa l'état des biens, rentes et revenus dépendant des cures et chapelles de Cernay et de Steinbach. (Archives du département).

A l'issue de la Guerre de Trente Ans et après le traité de Munster (en Westphalie) en 1648 donnant l'Alsace à la France, les habitants de Cernay et de Steinbach devinrent sujets du Roi de France.

La paroisse de Steinbach obtint à nouveau un curé à demeure en 1663 Les curés qui se suivirent furent initialement tous d'origine suisse. En effet, dès 1662, le Roi de France avait permis aux étrangers catholiques d'habiter l'Alsace, et les Suisses furent particulièrement nombreux à répondre à cet appel.

L'autonomie de la commune de Steinbach résulte :

1 d'un arrêté préfectoral du 5 octobre 1847 qui, faisant droit à la demande de Steinbach, prononce la séparation administrative des deux communes ;

2. d'un arrêté de la cour de Colmar du 5 mai 1857, qui ordonne le partage de leurs communaux indivis ;

3. du partage notarié de ces communaux, en date du 6 mars 1863 ;

4. de l'approbation de ce partage par arrêté préfectoral du 3 mai 1865 ;

5. et enfin du décret impérial, en date du 12 mai 1869, qui détermine les limites des bans des deux communes.

D'après :
- Aperçu sur l'Histoire de Steinbach - Dr Jean SUTTER, Président de la Société
d'Histoire et d'Archéologie de Cernay et environs.
- Cernay, son passé, son présent - Joseph DEPIERRE, 1907.
 

Les églises

Notre Dame du Birlingen.
Statue en bois polychrome
du XIIIe siècle.
                                                                                 
Le prieuré du Birlingen, dépendance
de l'abbaye de Lucelle, disparut à
la Révolution. Les bâtiments et la
chapelle furent mis aux enchères
pour démolition, les matériaux
devant servir à de nouvelles constructions.

La statue N.D. du Birlingen fut
nuitamment sauvée par quelques
hommes courageux qui la cachèrent
dans le foin. Après un séjour à
Wittelsheim elle fut récupérée par
la famille Schnebelen, puis la
famille Augustin la remit à la paroisse de Cernay.
 


Trois églises ont été successivement construites à Steinbach.



Nous ne disposons que de rares informations concernant la première église. Elle aurait été de style roman et de petites dimensions ( 20 mètres de long et 9 mètres de large)

Après la séparation des communes de Steinbach et Cernay, l'état de délabrement de ce premier édifice a motivé la construction d'une nouvelle église dont les plans ont été signés par l'architecte Joseph LANGENSTEIN. Mais elle fut détruite par les bombardements de 1914.

L'église actuelle, due à l'architecte Louis SCHWARTZ, date de 1926.


1873 - L'église de l'architecte Joseph LANGENSTEIN

 Joseph LANGENSTEIN est né le 14 janvier 1814 à Ranspach,  dans la vallée de St-Amarin. Il fréquenta l'école de Wesserling, son père étant l'architecte de la manufacture Gros-Roman. Joseph se décida pour le même métier et, après de brillantes études aux Beaux Arts à Paris, prit la succession de son père. Sa charge lui permit de réaliser des constructions d'églises et d'écoles dans la vallée de St-Amarin. On lui doit notamment la réalisation des églises de Husseren, Moosch, Geishouse et, plus tard, celles de Sentheim, Blotzheim, Steinbach et St-Louis. Il construisit les écoles de St-Amarin, Kruth, Ballersdorf, Mollau et Thann. On lui doit aussi le château de la famille Gros ; il rénova le château d'Ollwiller, ainsi que les Hôtels Romann et l'Hôtel Central à Mulhouse.

A Schweighouse, presque entièrement ravagé par un gigantesque incendie, il construisit l'église, l'école et le presbytère.

En 1849, J. LANGENSTEIN fut élu maire de St-Amarin. Pendant de longues années, il fut membre de la société des monuments historiques et conservateur des monuments alsaciens. A ce titre, il intervint notamment à la restauration de l'abbaye de Murbach et de la collégiale de Thann.

Dans les dernières années de sa vie, il s'établit avec sa famille à Cernay puis à Mulhouse où il décéda le 5 avril 1886 à l'âge de 72 ans. Sa sépulture se trouve à Cernay.
                                                                                                              D'après le Mulhauser Tagblatt.
 

Textes des parchemins scellés dans la pierre angulaire de l'église ' Langenstein'


Traduction du parchemin de la paroisse rédigé en latin

L.D.S.      A.B.M.S.V.*


*Traduction possible :   Laudetur Dominus Semper : Que Dieu soit toujours loué
Atque Beata Maria Semper Virgo : Ainsi que la Bienheureuse Marie toujours vierge


Pour la mémoire perpétuelle.

En l'an du Seigneur 1873 le 4 mai,
Sous le règne glorieux de Pie IX,
Sous le sage et courageux épiscopat de Mgr André RAESS,
Évêque de Strasbourg,
Jean Martin BESSERER, étant curé,
et les membres du conseil de fabrique
MM Dominique DEIBER, président,
Joseph ROLLIN, maire,
Antoine ARMSPACH,
Valentin MULLER,
Laurent DIETRICH,
Jean WINDENBERGER,
Jean Martin BESSERER, curé
après un discours très éloquent prononcé
par M. Landelin WINTERER, curé et chanoine à Mulhouse,
a été posée par Jean WIRTH, curé et chanoine à Cernay,
la pierre angulaire de cette église érigée en partie
grâce aux dons des fidèles
(1 mot illisible)
du chœur de cette église qui date de l'an 1553
(2 mots illisibles)
sous le vocable de saint Mathias
et ensuite sous le vocable de saint Morand (1668)
et aujourd'hui encore sous ce (1 mot illisible :  même ?) vocable.

Signé : Le curé de la paroisse

Jean Martin BESSERER

 

Parchemin joint par la Commune, rédigé en français.


"Aujourd'hui dimanche 4 mai 1873 à trois heures de l'après-midi il a été procédé à la pose de la pierre angulaire de cette église. L'ancienne qu'elle est appelée à remplacer se trouvait dans un état de délabrement complet ; humide et malsaine, elle ne présentait pour une population de près de 1000 âmes qu'une longueur de 20 mètres sur une largeur de 9 mètres. L'exécution du projet de construction de l'édifice a été retardée par l'état d'indivision des communes de Steinbach et de Cernay. En 1862, année de la séparation, la Commune manquait d'église et de maison d'école. La première coupe que Steinbach exploitait en 1864, pour son compte au Canton Iffis, fut affectée en 1865 avec les autres ressources communales à la construction d'une maison d'école.

Depuis lors, tous les efforts furent tournés du côté de l'église. Le 14 janvier 1866, une quête qui se continue jusqu'à ce jour, fut organisée à l'église, elle rapportera le premier dimanche 14 francs 85 centimes. En 1867 une liste circula par les soins de M. ILTIS, alors curé de la paroisse et de M. ROLLIN, maire de la commune à Steinbach et dans les communes environnantes ; le montant des souscriptions réunies s'élevait à 14000 francs, payables en 5 termes égaux annuels. Le chiffre des dons, quêtes et souscriptions s'élève aujourd'hui à 22000 F, somme à laquelle il convient d'ajouter une subvention de l'Etat de 10000 F, soit un total de 32000 F.

Le devis de l'église sans le clocher s'élève à 52000 F. La construction de la tour n'est prévue que jusqu'à la hauteur de la  nef. Son activement imposera aux habitants de nouveaux sacrifices."

                                         signé : Le Maire de Steinbach
                                                        Joseph ROLLIN

 

 État  de l'église ' Langenstein ' au début de la Guerre de 1914-1918            

Des combats meurtriers
opposèrent le 152° R.I (français)au 5°B.C.P (allemand)

 

L'église subit une première série de dommages pendant les attaques qui se succédèrent entre le 13 décembre 1914 et le 3 janvier 1915 ( prise de Steinbach par les Français)
 
                               Etat de l'église 'Langenstein' à la fin de la Guerre de 1914- 1918
 

       

Les Français occupèrent le village pendant toute la guerre mais la proximité des lignes allemandes explique la destruction totale de Steinbach par les bombardements fréquents.

 

1926 - L'église de l'architecte Louis SCHWARZ


Pendant la guerre 1914-18, le village a été réduit à l'état de décombres.

La population, installée provisoirement dans des baraquements en bois, se mit à reconstruire les maisons avec les indemnités de l'État. La mairie-école fut reconstruite en 1924 et l'adjudication des travaux de reconstruction de l'église eut lieu le 9 décembre 1925. L'architecte Louis SCHWARTZ de Mulhouse en dressa les plans.

Le parchemin scellé dans la pierre angulaire lors de sa pose le 24 mai 1926 retrace d'une manière très précise la situation de l'époque.
 

        Texte du parchemin scellé dans la pierre angulaire de l'église ' Schwartz'.

                                                                                   Commune de Steinbach

"Ce jour lundi de Pentecôte 24 mai 1926 à 3 heures de l'après-midi a eu lieu la pose de la pierre angulaire de cette église. La précédente église dont la première pierre fut posée le dimanche 4 mai 1873 avait été construite en remplacement de l'ancienne chapelle de Steinbach existant déjà au 16e siècle qui mesurait à peine 20 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur, d'après un devis de l'architecte Langenstein de Mulhouse s'élevant à 52000 F sans le clocher. Cette somme provenait en partie de souscriptions faites à Steinbach et dans les environs depuis 1862, année de la séparation des communes de Steinbach et de Cernay, ainsi que d'une subvention de 10000 F de l'État. Le curé de l'époque était l'abbé Jean Martin BESSERER et le maire Joseph ROLLIN.

Cette église fut détruite au début de la grande guerre de 1914-1918 au cours des batailles qui se déroulèrent au pied des Vosges. Le village fut pris par les troupes françaises à la suite de violents combats qui eurent lieu principalement du 27 décembre 1914 au 15 janvier 1915. La population qui venait de célébrer la fête de Noël dut s'enfuir précipitamment peu de temps après en abandonnant tous ses biens et quelques personnes furent même tuées ou blessées par des projectiles. Les troupes allemandes occupaient au début de la bataille Steinbach ainsi que la côte 425 au sud et le plateau d'UffhoItz au nord du village. L'attaque de Steinbach à elle seule causa aux troupes françaises la perte de 700 hommes et de 12 officiers du 152e Régiment d'Infanterie.

Le village complètement évacué par les habitants fut occupé ensuite pendant les 4 ans de guerre par les Français dont les tranchées allaient de la côte 425 au plateau d'UffhoItz en passant par la sortie Est du village près du calvaire situé au carrefour de la route de Cernay et du Seelackerweg. Les lignes allemandes leur étaient parallèles à la hauteur de la Chapelle du Birling. Après la prise du village les soldats français ramassèrent, afin d'en éviter la destruction, les objets précieux de l'église, ainsi que des bannières, statues et vêtements sacerdotaux qui furent entreposés à Willer dans la vallée de St-Amarin et restitués au début de 1920 à l'église provisoire de Steinbach.

Le village fut bombardé pendant toute la guerre par l'artillerie allemande et l'église n'était qu'une ruine branlante lorsque les habitants dispersés pour la plupart dans la région de Mulhouse et dans le duché de Bade revinrent fin novembre 1918 après l'armistice. Ils trouvèrent tout le village également en ruines car pas une seule maison n'avait été épargnée.

La population s'installa provisoirement dans des baraquements en bois fournis par le gouvernement. La reconstruction des maisons avec les indemnités de l'État dura de 1919 à 1924, année où fut achevée la reconstruction de la mairie-école établie sur les mêmes fondations que l'ancienne.

Le mercredi 9 décembre 1925 eut lieu à Mulhouse l'adjudication des travaux de reconstruction de l'église dont les plans ont été dressés par M. Louis SCHWARTZ, architecte à Mulhouse. L'entreprise BALZER de Belfort fut nommée adjudicataire des travaux s'élevant à 137476.94 F, valeur or de 1914 avec un coefficient de majoration de 6.85 à cause de la dépréciation du franc papier. Les travaux préparatoires commencèrent au cours de l'hiver 1925-1926, on réfectionna d'abord les murs du cimetière dans lesquels de larges brèches avaient été causées par le bombardement. Le presbytère également détruit au cours de la guerre avait été reconstruit au cours de l'année 1925 et M. le Curé Alphonse DANGEL nommé à Steinbach en novembre de la même année entra dans le nouveau presbytère en 1926 peu après Pâques.

La population de Steinbach qui atteignait 900 habitants en 1914 s'est trouvée réduite à 370 au recensement de 1921, leur nombre n'a cessé de s'accroître jusqu'à ce jour et le recensement du 7 mars 1926 a donné le chiffre de 768 âmes. Les habitants du village voient avec joie s'élever enfin les murs de leur église qui est reconstruite sur le même emplacement que la précédente et d'après un plan très analogue comportant toutefois certaines améliorations telle le porche avec escalier sur trois côtés qui n'existait pas à l'ancienne église.

Depuis 1919 le service du culte a été célébré dans une église provisoire constituée par une baraque en bois de 25 mètres de longueur et 6 mètres de largeur, bien insuffisante pour la population, et placée dans le jardin de l'instituteur contigu à la cour de l'école. Une seule cloche de l'ancienne église avait pu être retirée presque intacte des ruines. Cette cloche était la seconde en grandeur sur les 4 cloches existant avant la guerre, c'est celle qui servait à sonner le glas des trépassés, elle fut montée en 1919 sur des tréteaux de fortune à côté de l'église provisoire et assura à elle seule depuis toutes les sonneries religieuses, elle reprendra bientôt sa place dans le clocher de la nouvelle église avec les cloches neuves.

Lors du déblaiement des ruines de l'ancienne église on retira de la pierre angulaire le parchemin qui y avait été déposé en 1873 ainsi que des pièces de monnaie française et allemande de cette époque. Ces mêmes pièces sont déposées de nouveau ce jour avec le présent parchemin dans la pierre angulaire."

Le Conseil Municipal                                      Le Maire Yvan Rollin

 

Anecdotes et aléas d'une construction.


Si la première pierre de l'église actuelle a été posée le 24 mai 1926, sa construction et son aménagement s'échelonnèrent sur presque 8 ans. Cette période fut ponctuée par deux grandes étapes : la bénédiction des cloches et l'inauguration de l'orgue.

Le baptême des cloches eut lieu le 9 avril 1928.

Elles sont au nombre de quatre. Trois d'entre elles ont été coulées en 1928 par les Ets Causard de Colmar. Une seule a survécu à la Grande Guerre et date de 1875.
La plus petite, consacrée à St-Morand (1928-481kg) porte l'invocation "St-Morand, notre cher patron, intercédez pour nous". Le son est le "do" (médium).
La plus ancienne, consacrée à St-Joseph (1875-569kg) porte la mention "J'appelle les vivants, je plains les morts, je brise les éclairs". Le son est le "la" (Tocsin).
La suivante, consacrée à Marie (1928-644kg) porte l'invocation "Ste-Marie, Reine de la paix, priez pour nous". Le son est le "sol", elle annonce le décès des femmes.
La plus grande, consacrée au Christ Roi (1928-725kg) porte l'invocation "Sacré Cœur de Jésus, Christ, roi universel, que votre règne arrive". Le son est le "fa" (grave), elle annonce le décès des hommes.

Concernant la livraison des cloches, le curé Dangel souligne dans le compte rendu du conseil de fabrique du 17 avril 1928 une "mésaventure" vraisemblablement due au transport de la plus petite des cloches. En effet l'administration des Chemins de fer a reconnu sa responsabilité par "un constat réciproque entre les parties", la cloche St-Morand a dû être refondue.
Dans ce même compte rendu il est fait état du choix de l'aménagement intérieur : autels, chaire, confessionnaux, boiseries... .

Nous noterons ici la thématique retenue pour les vitraux signés J.Chrismann, reprenant les mystères du Rosaire tel qu'il était prié autrefois :
Les cinq vitraux du bas-côté droit représentent le mystère joyeux :
L'Annonciation, la Visitation, la Nativité de notre Seigneur, la Présentation de Jésus au Temple et le Recouvrement de Jésus au Temple.
Les cinq vitraux du bas-côté gauche représentent le mystère douloureux :
Qui a sué du sang pour nous, Qui a été flagellé pour nous, le Couronnement d'épines, le Portement de la croix, le Crucifiement.
Les vitraux du chœur représentaient le mystère glorieux : La Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption et le Couronnement de Marie.   (État actuel : voir Nota)

Le 10 mars 1929 dans le constat sur l'état d'avancement de l'aménagement intérieur, on relève la livraison des autels latéraux par la société BOEHM de Mulhouse.

Le 8 janvier 1933, le nouveau chauffage fonctionne pour la première fois.
En avril 1933 le conseil de fabrique décide de mettre en vente le fourneau qui chauffait provisoirement l'église. Il fait part d'une donation pour deux petits autels dédiés au Sacré-Cœur et à Marie. Ces deux autels étaient placés à la hauteur du banc de communion, à l'entrée du chœur. Aujourd'hui seules les statues subsistent dans les réserves.


Le 8 avril 1934, le conseil de fabrique s'émeut du retard pris par le facteur d'orgue pour l'achèvement de l'instrument qui lui a été commandé en 1931. Il décide d'introduire une protestation auprès du service départemental d'architecture à Mulhouse, en charge de ce problème. Tout semble être rentré dans l'ordre : l'orgue est solennellement inauguré le 10 juin 1934.

Dans une église "ornée de jeunes bouleaux dont le doux feuillage vert mettait les ors du maître-autel en valeur", les fidèles appréciaient de retrouver les sons merveilleux de l'orgue qui leur avaient fait défaut pendant 20 ans.

M. SCHERRER, organiste à Cernay, débuta le concert inaugural à 15h30, suivi par le curé MULLER organiste renommé d'Aspach près d'Altkirch. Intervinrent également M. BERGER, organiste à Sainte Marie à Mulhouse ainsi que le fils du facteur d'orgue Schwenkedel, élève au conservatoire de Strasbourg. Le curé de Wattwiller, A. STEINER, expliqua de façon brillante et éloquente le rôle de l'orgue dans une église. Puis le chanoine Tschirhart, curé doyen de Cernay, présida à la bénédiction de l'orgue. La cérémonie se termina par un salut solennel et l'inaltérable "Grosser Gott, wir loben Dich" cher au cœur d'un bon nombre de chrétiens d'Alsace.

                                                                                                  Sources : Registres paroissiaux.

Nota: Ces cinq vitraux furent détruits lors de la seconde guerre mondiale. Sur les quatre ouvertures restaurées après guerre, deux seules sont figuratives : elles représentent St Pierre et St Paul de part et d'autre du grand Crucifix suspendu à la place du vitrail central.

 

1931 - L'orgue est commandé à Georges Schwenkedel


Georges SCHWENKEDEL (1885-1958) s'établit à Strasbourg au lendemain de la 1° Guerre Mondiale après avoir été formé par la maison Roethinger. Très vite, son entreprise se développe ; suite aux dommages de guerre, les reconstructions se succèdent. Il signe à STEINBACH en 1931 son 51e instrument. Celui-ci est doté d'une transmission pneumatique, système qui se généralise entre les deux guerres, permettant d'intégrer les "progrès" de l'époque (ex. : accouplement octaves graves et aiguës ; combinaisons qui permettent de présélectionner les sonorités de l'orgue et donc de passer par exemple d'un "piano" à un "forte" par la simple pression d'un bouton), et limitant les coûts de construction. La sonorité est encore sous l'influence de l'époque dite "symphonique" (jeux graves et gambes qui cherchent à imiter l'orchestre).                          

L'instrument original, livré en 1934, disposait de 16 jeux réels pour deux claviers : Grand'orgue et Récit expressif et Pédalier.

Kurt SCHWENKEDEL, qui succède à son père, introduit une nouvelle manière d'harmoniser (de faire parler les tuyaux), dite "à plein-vent". Ce sera l'harmonisation en vogue dans les années 60. L'orgue de STEINBACH sera modifié dans ce sens en 1963-64 avec un retour à des sonorités plus classiques (plus aiguës).

L'orgue comprend :

Un buffet avec une façade en chêne le tout construit dans un style en unité avec les boiseries de l'église.

La console indépendante dirigée vers l'autel comprenant :
- deux claviers de 56 notes, plaqués ivoire/ébène
- un pédalier en hêtre avec rehausses palissandre pour les demi-tons
- les dominos des jeux et les tirettes de la composition libre sont placés en ligne au- dessus des claviers
- les combinaisons fixes et les appels fonctionnent par boutons poussoirs
- deux bascules pour Crescendo et Expression récit au pied.

Les sommiers sont pneumatiques à poches, les relais pneumatiques à membranes.

Les tuyaux datant essentiellement de 1934 sont en bois, en zinc, en étain, en "étain mince" ou en "étain mélangé".

Composition des jeux

         Grand'orge   expressif                             Récit expressif                      Pédalier
             6 jeux                                                       7 jeux                                 3 jeux
Montre                       8'                           Flûte cheminée     8'                   Soubasse         16'
Bourdon                    8'                             Gemshorm            4'                  Flûte                 8' 
Prestant                    4'                             Nazard            2  2/3'               Flûte                    4'
Flûte à cheminée     4'                            Doublette               2'             
Flûte                        2'                               Tierce             1  3/5'              Tremblant
Plein jeu 4 rgs   1 1/3'                            Cymbale          3 rgs                   Accouplement  II / I
 Trompette             8'                              Tirasse I                                      Tirasse II
                                                                                                                                                                             
 
La maison SCHWENKEDEL marque le XXe siècle par l'importance et l'originalité de sa production. Elle revient à la traction mécanique dans les années 60 mais rencontre des problèmes au début des années 70. Elle arrêtera son activité en 1974 après la construction des orgues de chœur de Masevaux et St Martin de Colmar, deux instruments particulièrement soignés du point de vue de l'harmonisation et de la qualité du toucher.

L'orgue de Steinbach donnait depuis quelques temps des signes de fatigue due à l'accumulation de poussière dans les tuyaux et à l'usure et l'assèchement des éléments en peau de la transmission pneumatique.

Les travaux ont donc consisté en un dépoussiérage minutieux des quelques 1186 tuyaux, le remplacement des 1300 "poches", "membranes", et "soufflets", la vérification et le réglage de l'ensemble de la transmission. Le "tremblant" défectueux a été remplacé ainsi que les porcelaines (inscription des jeux à la console) non conformes au modèle d'origine.

L'harmonisation de 1964 a été scrupuleusement respectée. L'accord est au tempérament égal.

                                                                                                            Hubert BRAYE
                  Facteur d'orgues à Mortzwiller, chargé en 2001 de la  rénovation  de l'orgue Schwenkedel

NDLR : Jusqu'à ce jour trois organistes servirent cet instrument
                     1934 à 1944 : M. René KOCH
                     1946-1952 : Pierre BLOSENHAUER
                     depuis 1953 : Mme Jacqueline KELLER

 

Consécration de l'église ' Schwartz ' le 16 juin 1935

Un compte rendu de la presse locale relate la cérémonie :

"Le dimanche de la Ste Trinité a été retenu pour la consécration de l'église. Les paroissiens avaient été informés du déroulement des cérémonies par le bulletin paroissial et s'étaient préparés très nombreux pour participer à cette fête exceptionnelle qu'il n'est pas donné de vivre souvent dans sa vie.

La fête débuta la veille au soir par une sonnerie de cloches au cours de laquelle furent amenées les reliques des Saints Fortunatus et Laetus qui allaient être déposées dans l'autel à consacrer.

Les sœurs d'école avaient transformé leur bâtiment en chapelle où les reliques furent exposées pour vénération.

Monseigneur l'Évêque arriva en provenance de Paris à 6 heures après les matines et les laudes. Il célébra la messe à 6 heures 30 et distribua la communion aux croyants .

La cérémonie de la consécration de l'église débuta à 7 heures 30.

La place devant l'église avait été joliment décorée par les hommes, mais comme le veut l'usage, l'église n'était pas garnie. Il est impossible, dans le cadre d'un article de presse, de décrire dans le détail une cérémonie de consécration d'une église qui dure entre 4 et 5 heures.

Les croyants connaissent les phases principales. Les aspersions extérieures et intérieures à l'eau bénite par trois fois, l'onction de la pierre d'autel et des 12 croix, le transfert solennel des reliques et leur scellage par l'Évêque. Une foule recueillie et patiente assista à ces cérémonies qui durèrent jusqu'à 11 heures 30. Suivit une grand messe solennelle présidée par M. l'aumônier A. DANGEL de Luppach, ancien curé de Steinbach, qui avait supervisé la reconstruction de l'église. Il était assisté par deux représentants du Séminaire International de Strasbourg, le Père économe Lazariste et le Père Brenner, un Luxembourgeois. Monseigneur l'Évêque était assisté du Chanoine TSCHIRHART de Cernay et du secrétaire de l'Évêché Lang.

La direction des chants était aimablement assurée par le Père Tezelin de l'abbaye de l'Oelenberg assisté par le curé Heck d'UffhoItz et deux professeurs du collège épiscopal de Zillisheim, MM Kaiser et Getto. M. l'instituteur Hertzog de Cernay et René KOCH tenaient l'orgue. Un Te Deum solennel clôtura la cérémonie, alors que Mgr l'Évêque se rendait en
procession au presbytère.

A la cure se retrouvèrent, outre tous les religieux ayant participé aux cérémonies, M. le Maire Yvan ROLLIN ainsi que M. REITZER, Président du Conseil de Fabrique.

Monseigneur l'Évêque dut prendre congé car il devait être à Colmar à 14 heures pour présider à la pose de la première pierre du foyer de la paroisse Ste-Marie."

                                           NDLR : Monseigneur RUCH était l'Évêque de Strasbourg.
 

État de l'église 'Schwartz' à la fin de la Guerre de 1939-1945
 


 

  Le chœur de l'église avait particulièrement souffert.

 Ä  Curés de Steinbach

Le mot du Président du Conseil de Fabrique
 


Comme vous avez pu le constater, la paroisse de Steinbach n'a pas cessé de construire, reconstruire, réparer et rénover son église.

A peine quatre ans après avoir été consacrée, l'église actuelle dont nous fêtons cette année le 75e anniversaire de la pose de la première pierre , fut plongée dans la tourmente du 2e conflit mondial.

En 1945-46, 20 ans après sa construction, il a fallu réparer les dommages qui affectaient plus particulièrement le chœur. Mais l'état original n'a pas été rétabli, le chœur est resté amputé de son vitrail central.

En 1980-81, 55 ans après sa construction, les travaux de rénovation ont presque exclusivement porté sur les peintures intérieures.

A présent, 75 ans après le début de sa construction, un important programme de travaux a été entrepris : en 1996 la Commune a réalisé toute la réhabilitation extérieure.

Le conseil de fabrique poursuit et achève ce programme par la modernisation et la rénovation intérieure :

• Mise aux normes de l'installation électrique et amélioration de l'éclairage.
• Nouvelle sonorisation.
• Redistribution des espaces et aires de circulation
• Revêtement de sol du chœur et de la nef.
• Travaux de peinture.
• Rénovation des boiseries et des autels.
• Révision complète de l'orgue.

Tous ces travaux nécessitent beaucoup de fonds, le coût total est à présent estimé à environ FF 1 500 000. Les dons, les legs et notre gestion économe nous ont permis depuis plusieurs années de nous préparer à cette tâche. Bien que certains travaux ont pu être réalisés bénévolement, nous devons néanmoins recourir aujourd'hui à l'emprunt pour pouvoir honorer en
temps et en heure les prestations des différents artisans participant à ce grand chantier.

Votre soutien nous sera précieux pour mener à bien cette tâche et nous vous remercions par avance de votre générosité à l'égard de notre paroisse. Par la fiche ci-jointe, les bénévoles qui nous épaulent dans cette entreprise vous proposent quelques idées au travers desquelles vous pourrez nous venir en aide.

Nous vous remercions à l'avance de vous associer ainsi à l'achèvement de cette importante rénovation.


                                                                                       Gilbert ZIMMERMANN,
                                                                                  Président du Conseil de Fabrique
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