La chapelle de Birlingen et la Vierge de Cernay


Près de la route de Cernay à Steinbach, à proximité du ruisseau dit Erzbach, entourée de prés, s'élève une chapelle qui rappelle le souvenir d'une agglomération disparue,Birlingen, et d'un pèlerinage jadis assez connu.


       

Un prieuré de Lucelle.
Nous trouvons pour la première fois le nom de ce lieu en 1295, dans une charte du comte Thiébaut de Ferrette en faveur du monastère de Valdieu. On y cite une cour (curtis) à Burtlingen, qui est également mentionnée, en 1435, dans un document de l'abbaye de Murbach, cette fois-ci sous le nom de Birlingen. Cette cour était étroitement liée à celle de Lucelle à Cernay et jouissait comme celle-ci de précieux droits et privilèges. L'abbaye cistercienne de Lucelle possédait dès le 14° siècle des biens à Birlingen. C'est ainsi que nous apprenons que Lucelle céda en 1355 au Chapitre de Belfort une certaine quantité de vin du vignoble de Birlingen et reçut par contre du Chapitre le droit de patronage sur l'église de Phaffans dans l'actuel Territoire de Belfort.

La culture de la vigne était donc assez importante autour de Birlingen, ce que nous apprend d'ailleurs  également une vieille tradition, d'après  laquelle le prieuré de St Morand (Altkirch) aurait introduit la vigne à Steinbach. St Morand est le vocable de l'église de Steinbach, où Lucelle et St Morand avaient des possessions. Ce même vocable a été introduit à Steinbach par le prieuré  sundgovien  et  l'apôtre  du Sundgau y était vénéré comme protecteur du vignoble.

       Il est bien possible que quelques Cisterciens de Lucelle aient habité la cour de Birlingen, qui devint un petit prieuré dépendant  de  Lucelle.  Ce  prieuré avait des revenus en espèce et en nature à Uffholtz, Wattwiller,  dans les deux Aspach et à Burnhaupt,  Wittelsheim. Reiningue,  Leimbach, Michelbach  (Thann),  Roderen, Berrwiller et Soultz.  Les noms de deux prieurs de Birlingen nous sont parvenus: Morand  Strauss  et  Diebolt  Kauffmann, tous deux autour de 1600.

    Nous ignorons presque tout de Birlingen. Des habitants s'étaient sans  doute  établis  près  du prieuré,  mais  cette  agglomération, sans doute peu importante, dût disparaître avant 1418.  Au 18e  siècle,  deux  maisons  s’y  trouvaient  encore  —  d'après  Schoepflin. La cour est citée à plusieurs reprises, et au 16e siècle,  on  cite  un  puits  près  de Brülingen,  un  réservoir  dont  l'eau était amenée à la cour de Lucelle près de Cernay.

Le pèlerinage de Birlingen

    En 1606, le 14 septembre, la chapelle de Birlingen fut consacrée  par le représentant de l'évoque de Bâle. Cette chapelle était  restaurée  comme  pèlerinage. On y trouvait une statue ancienne de la Vierge dont la tradition dit qu'elle aurait été découverte à l'endroit de la future chapelle. On l'aurait portée dans une église près de Birlingen (Cernay ou Steinbach), mais la statue serait retournée à deux reprises  au  même  endroit  —   cette légende se rapporta également à d'autres lieux — et finalement on y aurait élevé la chapelle  de  Birlingen  (desservie pendant  une  certaine période par un chapelain) et on y aurait placé la statue.

  Les fidèles de Wittelsheim se  rendaient  pendant la semaine des Rogations, le samedi, en procession à Birlingen, dont le pèlerinage  était  assez  connu. Cette  tradition  fut  respectée jusqu’à la Révolution. Le 14 septembre,  les  fidèles de Vieux-Thann allaient en procession à Birlingen, tandis que les fidèles de Cernay s'y rendaient le jour de  l'Assomption.  Une  grande manifestation religieuse eut lieu en 1669 à Birlingen, manifestation organisée par Jean Michel Stippich, curé de St-Amarin.

      En 1791, les deux maisons et la chapelle de Birlingen furent déclarées  biens  nationaux  et vendues à des particuliers.  La statue de la Vierge fut sauvée et cachée par la famille Schnebelen de Cernay qui la donna plus tard à l'église de Cernay.  Elle fut placée sur un autel spécialement érigé. Lorsqu'on démolit l'ancienne église de Cernay, en 1092, on mit cette statue d'abord à la sacristie de la nouvelle église et enfin, en 1907, elle  eut une place d'honneur à l'église,  grâce aux libéralités  de la famille Ingold de Cernay.

      Quant à la chapelle de Birlingen, elle lut démolie en 1803, et les pierres furent utilisées, pour  la construction  de maisons à Cernay. Sur les fondations de la chapelle, la famille  Schnebelen Auguste fit élever un oratoire qui, en 1826, fut remplacé par un calvaire. En 1894, Dominique Deiber de Steinbach, qui possédait des terres sur le ban de  l'ancien Birlingen, fit construire  une nouvelle chapelle, bénie la  24 mars de cette année.

     Vingt ans plus tard ce fut la guerre.  La  région  de  Cernay-Steinbach fut terriblement bombardée autour de la Noël 1914 et des combats meurtriers se déroulèrent sur la Côte 425 et sur les ruines de Steinbach. La chapelle  de  Birlingen  fût  entièrement détruite. La Vierge de Birlingen fut sauvée par un soldat allemand  du  nom d'Engstler qui la fit transporter à Strasbourg.  Elle  revint  à  Cernay après  l'armistice,  fut  placée d'abord à l'église provisoire de Cernay, puis en 1925 dans le transept de l'église reconstruite où elle se trouve toujours.

  La chapelle de Birlingen ressuscita de ses ruines. On y plaça une statue néo-gothique de la Vierge, due aux ateliers Berger Rudloff à Colmar, et le 15 mai 1932 eut lieu la bénédiction du nouveau  petit  sanctuaire  qui rappelle non seulement un pèlerinage très fréquenté jadis, mais également le souvenir de ceux tombés, il y a plus de cinquante ans, sur la côte 425 et autour de Steinbach.         

                                                                                                                                                                          P. St

          Notre-Dame de Birlingen

Récit par le Vicomte de BUSSIÈRE : 2.2.1862


Birlingen était un prieuré entouré d'un petit village, et dépendant de Lucelle. Il n'en reste aujourd'hui que quelques pans de murs.



Une chapelle consacrée à la Très Sainte Vierge existait de temps immémorial en cet endroit et était un lieu de pèlerinage assez fréquenté. Dans une des guerres du moyen Age, dit la légende, les habitants du village voisin de Wittelsheim craignant que la chapelle de Birlingen ne fût profanée, emportèrent processionnellement l'image miraculeuse et la mirent dans leur église; mais, dès le jour suivant, elle se retrouvait en son ancienne place, sans que l'on pût savoir comment elle y avait été transportée. Ce prodige se renouvela trois fois. La chapelle fut épargnée; la population de Wittelsheim s'engagea alors à se rendre tous les ans au pèlerinage de Birlingen, croix et bannières en tête, le 14 septembre, fête de l'Exaltation de la Croix, En ce même jour,les fidèles de Vieux Thann y venaient également en procession, et il y avait messe et sermon (1).

        (1) La chapelle paraît avoir été reconstruite en partie ou en totalité en 1606. François, évêque de Chrysopolis et suffragant de Bâle, la consacra de nouveau le 14 septembre de cette année.

   Le vœu fut fidèlement observé jusqu'à la révolution française. En 1791, le prieuré et la chapelle de Birlingen ayant été vendus comme biens nationaux, avec les terres qui en dépendaient, les habitants de Wittelsheim allèrent encore chercher l'image vénérée et la déposèrent dans leur église. Elle y resta jusqu'en 1793; à cette époque, on convertit en fenil le temple du Seigneur. On le dépouilla de ses autels, de ses tableaux et de ses ornements, ils furent réunis sur la place de la commune pour y être brûlés. Deux courageux enfants réussirent à enlever la statue de Marie pendant la nuit qui précéda l'exécution du sacrilège; ils la celèrent dans la maison d'un brave catholique du village; elle y resta jusqu'en 1799. Alors l'église fut rendue au culte; l'image de Notre-Dame s'y trouve maintenant sur l'autel latéral de droite, et elle est toujours en haute vénération.

 La chapelle de Birlingen a été démolie en 1803.

  
 Ancienne prière composée en l'honneur de Notre-Dame le Birlingen.

 " Prosterné   en   esprit   devant   votre   image   miraculeuse   de Birlingen, ô glorieuse Vierge et très-digne Mère de Dieu, pour vous y honorer, en adorant par vous Ta très-sainte Trinité, en louant vos bontés et en vous remerciant pour toutes les grâces singulières que vous y accordez à ceux qui ont confiance et recours à votre miséricorde, ayez, s'il vous plait, pour agréable que j'implore pour moi et pour tous ceux qui viendront vous y rendre leurs hommages votre puissant secours dans tous nos maux; particulièrement pour qu'il vous plaise de nous obtenir, comme vous le pouvez, de Jésus votre cher Fils, le pardon de tous nos péchés, la grâce que nos âmes soient préservées de la damnation éternelle, et nos biens, du feu, de la grêle et du tonnerre. 
      Pourriez-vous   bien  nous   rebuter  et  n'avoir   pas   égard   à notre confiance, après nous avoir fait connaître par tant de signes miraculeux que vous voulez être honorée et invoquée dans ce saint lieu! Vous dont l'humilité n'a jamais méprisé personne, et dont le crédit n'a jamais craint de refus !
      Souvenez-vous, ô glorieuse et miraculeuse Vierge, que tout ce que vous avez de grâce et de gloire, et le privilège même de votre maternité, sont autant de faveurs dont vous êtes redevable aux pécheurs, puisque sans le péché il n'y aurait point eu de Rédempteur, et que, sans le Rédempteur, il n'y aurait pas  eu de mère du Rédempteur.  Que cette considération vous porte, ô glorieuse Vierge, à nous ouvrir votre cœur, et à nous recevoir entre vos bras, à nous réconcilier avec Jésus votre cher Fils, et à nous procurer les secours nécessaires pour lui être agréables. Quelque pure et innocente que vous soyez, ne dédaignez pas nos misères et nos faiblesses, mais priez pour nous afin que nous en soyons délivrés, et que, par votre puissante assistance, nous puissions participer un jour à la joie et aux délices dont les bienheureux jouiront éternellement. Ainsi soit-il."

 

 

J. DEPIERRE : CERNAY, SON PASSÉ, SON PRÉSENT.

 

 Le terrain en son entier de 1023 verges, l'enclos de la chapelle,le jardinet de 72 verges, conséquemment de 951 verges de bien communal.

 Sur la route de Steinbach à Cernay se trouvait Birlingen composé d'une chapelle et de quelques maisons. La chapelle et les habitations ont été vendues en 1793-1794, comme propriétés nationales, à Mr Oehl alors fabricant de papier à Cernay. Celui-ci fit tout démolir  et  employa  les  matériaux  pour  construire  à Cernay  les bâtiments achetés depuis par le département pour y loger la gendarmerie.  Depuis l'annexion, ces bâtiments ont été vendus et sont devenus propriété de M  Eug. Lothammer, rue de Thann.  Les terrains avaient été revendus à M Mannheimer de Colmar, Neuhauser etc. qui les ont cédés à divers autres particuliers pour  finalement devenir la propriété de M Deiber et de la famille Rollin.

    Aujourd'hui, tout est nivelé et l'on ne voit plus traces d'habitation. Récemment M Dominique Deiber, propriétaire de la parcelle extrême située au sud-ouest, fit don  à l'église  de  Steinbach  de ce terrain,  où il fit ériger  une petite chapelle  inaugurée le 24 mars 1894,  en remplacement d'une sorte de calvaire qui existait depuis 1826 et qui a été transplanté sur la Lau. Le nouvel autel de cette chapelle est en fonte et provient des fonderies de Vaucouleurs (Lorraine). 

     L'ancienne chapelle de Birlingen renfermait une Vierge réputée miraculeuse. A la révolution, celle-ci put être sauvée par une famille Schnebelen qui la cacha pendant longtemps dans un grenier à foin. Cette famille Schnebelen s'allia à la famille Xr Augustin  et peu  après le mariage de celui-ci, en fit don à l'église de Cernay.  La famille s'était réservée l'entretien de la statue qui avait un remarquable assortiment de vêtements appropriés aux diverses fêtes et aux circonstances.  La vierge fut placée sur un autel dans la chapelle de droite, côté des hommes ; celle-ci s'appelait alors chapelle Thiriet-Lisch,  du nom de M Thiriet de Remiremont qui, en mémoire de sa femme Dlle  Lisch  de  Cernay, morte en  couches avec son enfant (1820), voulut faire ériger un mausolée  en  marbre dans cette partie de l'église;  mais sa demande  ne  put  avoir de suites et les 3000 frs. versés à cet effet servirent à élever un autel en stuc qui devint l'autel de Notre Dame de Birlingen.  Avant l'érection de cet autel, la chapelle contenait le Grand Bon Dieu qui fut alors relégué au grenier et cédé en 1838 au  Dr T. Heuchel par  le curé Ulmer. (1)

La vierge de Birlingen, après la démolition de l'ancienne église en 1892,  a  été placée dans  une des  salles de la sacristie, où elle est encore.  Il a été question de la remettre à  l'église, mais  l'emplacement  manquait: cependant il paraîtrait que l'on a trouvé, non seulement un emplacement approprié, mais aussi une personne généreuse qui veut bien couvrir les dépenses éventuelles.

 Cette vierge a sa prière spéciale que nous trouvons dans le recueil des hagiographes. (2)

C'est une sorte de paraphrase de la prière si connue de St. Bernard, dite le Souvenez-vous. A côté de l'autel était placé un  exemplaire imprimé de la dite  prière renfermant cette singulière argumentation.   

  « Souvenez-vous, ô glorieuse et miraculeuse vierge que tout ce que vous avez de grâce et de gloire et le  privilège même de maternité, sont autant de faveurs dont vous êtes redevable aux pécheurs, puisque sans les pécheurs,il n’y aurait pas eu de Sauveur, et que sans le Sauveur, il n’y aurait pas de mère du Sauveur. »

 

(1)  Extrait des Mémoires inédits de J. E. F. X, Graff, ancien notaire.

(2)  Voir A. Ingold, Journal de Thann No. 17, 1850.

 

Birlingen - Ottendorf


Birlingen était un petit village situé à 1 kilomètre à l'Est de Steinbach. A la révolution française il y avait encore une grande chapelle et deux habitations, qui furent vendues comme propriété nationale à M Oehl. En 1826, sur l'emplacement de l'église, il y avait une petite chapelle, aujourd'hui disparue. Il ne reste plus que quelques prés, appartenant à M Rollin et auxquels on donne le nom de Birlingermatte ou am Birling.
En descendant de Steinbach à Cernay, on trouvait entre la ville et le Steinbacher Runtz, sur la rive gauche de ce torrent, une localité nommée Ottendorf. La première mention date de 1345; ce village est indiqué comme devant des rentes à l'hôpital de Bâle. - Il change plus tard de nom et, en 1541, il s'appelle Ottenheim; l'époque de sa disparition nous est inconnue. - L'urbaire de 1773 cite encore des prés sis au canton zum Ottenhofen.

Dans les Annalen der Baarfüsser zu Thann (Colmar 1864, Tome 1 page 476) il est dit que les Anglais, en 1377, réduisirent en cendres la ville de Cernay et les communes de Steinbach, Uffheim, Wittelsheim et Aspach.

 

 

Entre CERNAY ET STEINBACH: BIRLINGEN

La chapelle de Birlingen est le vestige d'un ancien prieuré tirant ses revenus de la terre et de la vigne.
A partir de 1606, c'était aussi un lieu de pèlerinage.

 
Sur le côté gauche de  te route menant de Cernay au village de Steinbach, près du ruisseau l'Erzbach, se dresse la chapelle de Birlingen marquant l'emplacement d'un petit prieuré, aujourd'hui disparu.

Grâce à Denis Ingold, nous en savons un peu plus sur les origines de Birlingen. C'est l'abbaye de Lucelle, située au fin fond du Sundgau, à la frontière suisse, qui en est propriétaire.

Dès 1187 est cité un «cellarium» à Steinbach, puis dans les deux chartes, en 1223, une «curiam» et en 1224 une « grangiam ». Le même établissement est appelé « curtim de Burtlingen» dans une charte du comte Thiébaut de Ferrette.
Le prieuré de Birlingen possédait de nombreux revenus en argent, avoine, orge et même en poules dans tous les villages de la région. Il était aussi exonéré de toutes taxes à Cernay.
Birlingen  se compose d'une sorte de grosse ferme (la cour), comprenant un cellier, une grange et peut-être quelques bâtiments annexes ainsi que de quelques maisons de paysans, formant un petit hameau. En 1531, Henri Saper est grand cellérier de la cour de Lucelle à Cernay mais aussi propriétaire de la cour de Birlingen. A ce titre, il conclut un accord avec les bourgeois de Steinbach et leur ouvre un droit de pâturage sur tes prés de Birlingen.

 PÈLERINAGE

On ne trouve pas de mention d'une chapelle avant le XVII° siècle. Mas en 1531, un Bildstock, niche avec statuette, est cité. Ce n'est que le 14 septembre 1606 que l'évêque coadjuteur de Bâle, Franz, participe à  l'inauguration  d'une chapelle - ce qui ne veut pas forcément dire qu'aucune chapelle n'existait avant. C'est le point de départ d'un pèlerinage à la Vierge. Nombreux sont les pèlerins qui se rendent à Notre-Dame de Birlingen.
Les habitants de Wittelsheim, par exemple, s'y rendent en procession durant la semaine des rogations, ceux de Vieux-Thann le 14 septembre ou bien ceux de Cernay à l'Assomption.  De  grandes  manifestations y sont organisées. En 1669, Jean-Michel Stippich, curé de Saint-Amarin et qui n'était autre qu'un ancien prêtre d'Uffholtz, propose un chemin de croix qui attire une foule importante de toute la vallée de la Thur.
Le pèlerinage prend encore de l'importance en 1778, lorsque la municipalité de Cernay décide d'y installer la statue du "Grand Bon Dieu" . Aux XVII° et  XVIII° siècles, de nombreux mariages cernéens, steinbachois et vieux-thannois y sont également célébrés.
Au prieuré, on continue à s'occuper du domaine et tout particulièrement des nombreuses vignes. Le 1er février 1625, on engage le vigneron et bourgeois de Steinbach, maître Jean Kubler. En 1773, le Cernéen Joseph Ubelend qui est tenu d'entretenir les 43 "Schatz" (ancienne mesure, 1 schatz valant 6 ares)
 

  DE LA RÉVOLUTION  À AUJOURD'HUI

 Lorsqu'arrive la Révolution, la chapelle et ce qui reste du prieuré sont vendus comme biens nationaux à M. Oehl, fabricant de papier cernéen. Il démolit l'ensemble en 1803 pour en récupérer les matériaux de construction. Les terrains, eux, passent entre différentes mains. La famille Schnebeten-Augustin élève sur les fondations du prieuré disparu un petit sanctuaire, remplacé plus tard par un calvaire.
Ce n'est que le 24 mars 1894 qu'est bénie une nouvelle chapelle érigée par un propriétaire d'anciens terrains du prieuré. Vingt ans plus tard, la Grande Guerre éclate et d'intenses combats sont livrés notamment à Steinbach et sur la cote 425. 

  La chapelle est détruite et l'actuelle est édifiée en 1930 par les Ets Schlachter d'Altkirch.  Sur un de ses murs, on peut toujours lire un texte latin se rapportant à l'édifice antérieur et dont voici la traduction:

Sous le pontificat de Léon XIII,
promoteur de la dévotion du Rosaire,
Adolphe Fritzen étant évêque de Strasbourg
et Charles Kieffer Curé de Steinbach,
la famille Dominique Deiber
a fait construire cette chapelle
en l'honneur de Marie,
Reine du Rosaire.
En l'an de grâce 1894

 L'office du tourisme de Cernay  propose, par le biais d'un superbe dépliant intitulé «Itinérance sur le sentier des oratoires », la visite de la chapelle de Birlingen mais aussi de toutes tes autres chapelles dé la région. 

                                                                                                                         E. JOB      dans le journal L'Alsace

Bibliographie sommaire: "U.L. Frau von Biriingen bei Steinbach", 1933 Léon Josbert, Éd.  Alsatia; "Steinbach-Cemay, histoire d'un vignoble", 1990, Denis  Ingold, "Cernay, son passé, son  présent", 1907, J. Depierre.  
 

 

Rénovation de la chapelle du BIRLING


 
La chapelle de Notre-Dame du Birling à Steinbach est en cours  de  rénovation.  Propriété du conseil de fabrique de l'Église, les travaux engagés se monteront à 100 000 F environ avec des aides de la commune et du département. L'entreprise Hug de Cernay a refait  la  couverture,  la  zinguerie et réparé la charpente.  L'entreprise   Naegelen-Mangold de Thann a refait la peinture, les Ets Colomba de Cernay ont installé l'électricité et un voisin a bien voulu accepter  un  branchement pour permettre un éclairage intérieur. Les Ets Feral d'Uffholtz ont repris la ferronnerie de la grille d'entrée. La statue en pierre sculptée par la maison  Berger-RudIoff  de Colmar a été sablée.  Le clocheton va être restauré et l'on  pourra  tirer  un  cordon pour faire tinter la clochette.

 

 


            

Le bâtiment a été construit en 1930 pour remplacer le sanctuaire détruit durant la Première Guerre mondiale. Mais l'origine  est  beaucoup  plus ancienne.  En  effet, par un contrat de 1531 l'abbaye de Lucelle  conclut  un  accord avec  la  communauté  de Steinbach à propos du droit de pâture. Dans cet acte il est fait  mention  d'un  «Bildsteckla» c'est-à-dire une niche probablement suspendue à un tronc d'arbre et contenant une statuette de la Vierge. Cinquante ans plus tard, dans un autre acte, on  demande déjà à lire des messes dans la  chapelle  du  Birling.  Un hameau s'était formé autour d'elle vers cette époque.

La statue votive de Notre-Dame du Birling est actuellement à l'église de Cernay. Elle portait jadis un manteau brodé.
La statuette de Notre-Dame dans la niche au-dessus de la porte a été offerte par Mme Marthe LUTTENAUER, veuve de Louis Luttenauer fusillé par les Nazis le 6 décembre 1944 à Rammersweier.

                                                                                                                                                   Journal L'Alsace 29.7.1994
 

 Chapelle du Birling: visites et prières.

Le Conseil de Fabrique a rénové la chapelle.
Un lieu chargé d'histoire dont la première évocation remonte à 1295


Après la rénovation de la couverture, de la zinguerie, de la charpente et des peintures qui s'est achevée il y a deux mois, et avant celle du clocheton  qui  devrait  commencer avant la fin de l'année, si tout va bien, la chapelle du Birling sur la route de Cernay à Steinbach a bénéficié d'un lifting complet extérieur  et  intérieur,  bien fatigués.  Par  ailleurs,  une installation électrique  a  été mise en place à l'intérieur.

Le centenaire de la chapelle de 1894 a été célébré le dimanche 11 septembre. Le Père  Pascal Hildenbrand, nouveau  prêtre  de Cernay-UffhoItz,  salésien, a présidé l'eucharistie dans l'église paroissiale.  Le  même  jour  à 17 h,  dans  la  chapelle  de Birlingen, le curé Jean-Paul Freudenreich a présidé une veillée mariale, en présence de Mr Charles Wilhelm,Conseiller Général, de Mr Pierre Tritsch, maire de Cernay et président du S.I.V.O.M, du Conseil Municipal, des membres du Conseil de Fabrique présidé par Mr Gilbert Zimmermann, de paroissiens. 

La chapelle est propriété du conseil  de  fabrique  de l'église, les travaux engagés se sont montés à 100. 000F environ avec des aides de la commune et du département.

La première mention de Birlingen est apparue en 1295, dans une charte du comte de Ferrette, « une cour à Birlingen». Autour de cette propriété s'étendait un vignoble.L'abbaye de Lucelle avait remis au chapitre de Belfort du vin provenant de Birlingen en 1355.

Quelques moines cisterciens de Lucelle habitaient sans doute la cour de Birlingen qui devint un prieuré avec ses propres revenus. Des habitants se sont établis près du prieuré. Mais cette petite agglomération  disparut  avant 1618, suite aux nombreuses guerres (guerre de 100 ans, invasions  des  Armagnacs,des Suisses, Bourguignons).

       PROCESSIONS

Cernay s'y rendait le jour de l'Assomption. Wittelsheim, le samedi de la semaine des Rogations. Vieux-Thann, le 14 septembre, jour de l'exaltation de  la Sainte-Croix. Ces processions se sont tenues jusqu'à  la  Révolution  française en 1789.

En 1791, la chapelle et les deux maisons qui existaient encore furent déclarées biens nationaux et vendues à des particuliers. Mais la statue de la Vierge fut sauvée  par la famille Schnebelen de Cernay. D'après la légende, ce serait en fait les gens de Wittelsheim qui auraient préservé la statue de la destruction et l'auraient placée dans leur église. Un descendant de la famille Schnebelen  a fait don de la statue à la paroisse de Cernay.

 


GRAND BON DIEU

 Rénové avant la Révolution, le Grand Bon Dieu fut transféré de Cernay à la chapelle de Birlingen. Au moment de la vente de la chapelle en 1791, les Cernéens scièrent la croix en trois morceaux qu’ils cachèrent sous des décombres. En 1808, la croix est placée dans l'église de Cernay.

En 1803, le fabricant de papier Oehl fit démolir la chapelle et les pierres ont servi à construire des habitations à Cernay ;  certaines  de  ces habitations vont servir  plus tard à loger la gendarmerie. En 1870, elles furent acquises par un privé. Les biens de Birlingen, après 1791, passèrent en différentes mains, ainsi d'un banquier de Colmar, à deux citoyens de Steinbach. 

Sur les fondations du sanctuaire en  ruines,  la famille Schnebelen-Augustin fit élever un oratoire qui, en 1820, fut remplacé par un calvaire. Plus tard, fut érigée, à proximité de l'ancien pèlerinage, une «petite
maison » à la Vierge. 

 En 1894, Dominique Deiber de Steinbach, fit construire,  près du  pont du  ruisseau, une chapelle plus grande dédiée à Notre-Dame du Rosaire et bénie le 24 mars. 

SAUVÉE PAR UN SOLDAT  ALLEMAND

Vingt ans plus tard, en 1914, la  chapelle  fut  entièrement détruite. La statue de la Vierge qui se trouvait toujours à Cernay fut sauvée par un soldat allemand qui la fit transporter à Strasbourg où elle est restée jusqu'en 1920. Puis elle fut placée dans le transept de  l'église  de Cernay reconstruite en 1930.  

 Sur le côté extérieur, on peut voir une épigraphe provenant de la chapelle de 1894, portant les noms du  pape,  de l'évêque de Strasbourg, du curé de Steinbach et du donateur. 

 La bénédiction du nouveau sanctuaire eut lieu le lundi de Pentecôte,  le 15 mai  1932, après les vêpres par le curé- doyen de Cernay. Le curé de Steinbach célébrait de nouveau pour la première fois la messe  le 9 juin  1932  à l'occasion d'un mariage.

 La chapelle fut rénovée vers 1954 et la bénédiction fut faite par Mgr Vogel.

Le curé de la paroisse y célèbre la messe tous les jeudis du mois de mai, à la Visitation de Marie, à la fête de N.D du Mont Carmel, à la Nativité de Marie.

                                                                         1.10.1994

 Les nombreux articles parus sur la chapelle de Notre-Dame de Birlingen témoigne de sa place importante
dans la vie des croyants de la région.